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 L'ère des ténèbres

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Sellyon/Lazulice
Crolnareff l'Exilé
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MessageSujet: L'ère des ténèbres   Mar 20 Jan - 1:02

Jeune sacriette de 22 ans, Lazulice est quelque peu différente des autres disciples de la déesse du sang. Certes elle est dotée d'un physique gracieusement taillé pour le combat et ne craint pas la douleur mais son corps d'un exotisme suggérant des origines méconnues et son caractère froid et réfléchi en font un individu légèrement à part. Mais ce qui la rend radicalement différente des autres, c'est sa détermination singulière à accomplir un objectif unique en son genre...

La peau de Lazulice est couleur chocolat, tirant très légèrement sur le jaune, et sous un éclairage tamisé on pourrait croire qu'elle est faite d'or sombre. Les yeux de la jeune femme sont couleur Lapis-Lazulis, tantot bleus ciel tantot vert émeraude selon la lumière ambiante, ce qui est une des particularité de l'iris de la peuplade dont elle est issue. Ses traits sont fins et réguliers, sa silhouette est harmonieuse et magnifiquement pondérée. Sa longue chevelure est argentée, subtilement bleutée comme une cascade de métal liquide sous le reflet discret d'un saphir. Le corps de Lazulice est marqué de cicatrices particulièrement présentes sur ses avant bras, qu'elle a recueuilli lors de ses nombreux combats. Loin d'être déplaisants à l'oeil, ses scarifications sont retravaillées à la lame, enjolivées en arabesques et en volutes rappellant l'élément aèrien. Autant de symboles tribaux qui font de la jeune fille une fièrté dans son clan, et une artiste osée pour les autres. Lazulice est athlétique, agile comme un félin, silencieuse et discrète comme un reptile prédateur. Sa patience et sa promptitude à placer le coup mortel au moment exact sont non sans rappeller l'attaque d'un serpent.

Bien que discrète, elle n'est pas de mauvaise compagnie pour autant, ses confrères voient en elle une amie dévouée et honnête. Rassurante et apaisante, elle se montre d'une patience infinie avec ses pairs et aime qu'on voit en elle une personne sur qui on peut compter. Elle a toujours été de bon conseil et su rester ouverte d'esprit, ce qui lui a valu pendant un temps d'être meneuse d'une horde barbare qu'elle a fédéré et développé...

Lazulice est issue d'un métissage hautement désaprouvé. En effet, bien que sa mère fut une brakmarienne respectable pour les siens, son père quant à lui est un être à l'âme obscure et au corps noirci dans les sombres plateaux infinis de Leng, qui s'étendent sous nos pieds des centaines de mètres en profondeur. Si l'on se fit aux rumeurs que l'on murmurent à voix basse le soir pour effrayer les enfants, là vivent les cauchemards matérialisés des hommes, des choses dont la seule vue rendent fou, des paysages déments qui dépassent l'entendement et quelques tribus humanoïdes aggressives.


Ayant vécu la majeure partie de sa vie dans les souterrains de Sidimote, lazulice est frappée d'une fragilité unique : elle supporte mal les grands espaces, et l'altitude l'affaiblit considérablement. Malade, elle se meurt peu à peu, son corps inadapté à la surface manifeste de jour en jour toujours plus de signaux alarmants : vertiges, saignements de nez, syncopes...

Certaines personnes accusent la jeune sacriette d'être le résultat d'une bâtardise contre nature, qui serait à l'ogine de sa santé fragile.


Déterminée et assermentée, Lazulice souffre de son état physique sans jamais se plaindre. Les peines qu'elle endure sont autant d'obstacles qu'elle doit franchir pour atteindre son but, sa raison de vivre... et à fortiori sa raison de mourir. Jusqu'à présent la jeune femme a tenu secret son objectif, sa venue dans le monde de la surface, mais maintenant qu'elle sait que ses jours sont comptés, que la fatale échéance approche, elle s'apprête à révéler à ses compagnons la véritable raison de sa venue.
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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Mer 21 Jan - 1:33

Préface

Il est agréable de voir évoluer son petit héros dans le jeu et d'interagir avec d'autres joueurs, mais pour ma part et je l'ai constaté sur tous les autres jeux multiplayers auxquels j'ai joué, on prend autant de plaisir à créer une histoire, à façonner l'univers de son incarnation, de décrire ses buts, ses ambitions. Dofus est un jeu un peu particulier dans le sens ou la puissance de son perso est directement proportionnel au temps de jeu qu'on lui alloue, ce qui explique fort bien la très grande pauvreté d'essais RPesques sur les forums, étant donné que la plupart des gens préfèrent gagner un lvl plutot que d'écrire un chapitre.

Ayant un niveau plus que correct, avoisinant le stade ultime du lvl 200 mais constatant que jusqu'à présent je n'avait pas écrit la moindre ligne sur mon personnage, j'ai décidé de consacrer une partie de mon temps de jeu à l'écriture du RP de mon perso. En fait ce sera bien plus qu'un simple récit résumant les origines et les faits d'armes d'un héros. Par dessus tout je déteste les pseudos RP du style "tableau de bord" ou l'on se gargarise du dernier artefact récupéré ou du beau coup de dague infligé à un ennemi dont le nom pollue les canaux toutes couleurs confondues. Ce que j'aime, ce n'est pas une histoire inspiré d'un univers, étriqué par des éléments préétablis, strictement cantonné dans des lieux et des évènements et avec des personnages déjà connus ; ce que j'aime c'est au contraire une histoire qui se sert des bases et de quelques éléments existants pour enrichir, développer un univers que l'on suppose connu et maîtriser. En gros, j'aime les histoires qui nous font rêver Smile

Avec le récitque je vous propose en toute humilité, je sais que j'en dérangerais plus d'un, et pour de bonnes raisons, car bien que l'action se situe dans le monde de dofus, pratiquement aucun des lieux et des personnages mentionnés ne sont connus mis à part quelques rares exceptions. Pire encore, j'apporte une version déroutante du passé et de l'avenir de ce monde joyeux de Dofus dans une ambiance plus sombre et plus angoissante que ce que les graphisme et l'humour du jeu nous ont habitué.

Pourquoi ce choix ? Dofus est à mon sens un univers encore trop pauvre pour écrire quoi que ce soit de profond et réfléchi sans apporter une bonne part de créativité, c'est en tout cas mon interprétation.

Ces quelques explications faites, je vous invite à suivre le récit qui va suivre petit à petit au fil des jours et de mon inspiration, j'espère seulement vous offrir un petit moment d'évasion hors de votre jeu préféré Smile


Dernière édition par Sellyon le Mer 21 Jan - 2:34, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Mer 21 Jan - 2:31




Autrefois, il y a bien longtemps vivait sur le monde primitif de Dofus une seule et même race pensante. C'était un peuple puissant et dont la connaissance des Sciences était très avancée, bien plus que de nos jours. Ces anciens hommes vénéraient une multitudes de divinités mineures, mais craignaient tous un même dieu, plus fort et plus ancien que tous les autres. Il portait d'innombrables noms, et il existait plusieurs formes physiques pour le décrire. Cette déité profondément mauvaise appréciait les sacrifices humains et, selon les très rares textes que l'on a pu retrouver témoignant de cette époque, il se manifestait fréquemment parmis les hommes en une incarnation monstrueuse et affamée de chair. On raconte que lorsque le monde fut pratiquement désertifié par l'appetit colossal de la Bête, celle-ci retourna sommeiller sous la terre, en adressant un dernier message à ses fidèles. Ce message était une promesse de retour, lorsque le son des êtres qui marchent sur la terre sera redevenu suffisament fort, elle se réveillera, et festoyera de nouveau de la chair de ses serviteurs qu'il a créé pour lui obéir.

Les siècles s'écoulèrent sans que le monstre ne se manifeste et, peu à peu, les hommes l'oublièrent et se tournèrent vers les Petits Dieux. Il y eu une grande guerre, qui opposa les fidèles fanatiques du Dieu Ancien et les autres hommes. Le conflit dura trop longtemps, plongeant le monde dans le chaos et détruisit tous ce que cette race avait construit en plusieurs millénaires : des connaissances avancées et une unité solide. Les fidèles du Grand Ancien furent finalement mis en déroute et les survivants s'échappèrent dans les profondeurs de la Terre, fuyant la colère des nouveaux maîtres de la surface.

Les générations effacèrent peu à peu les souvenirs de cette époque traumatisante et seule la haine réciproque des anciens ennemis demeura. L'unité de l'espèce brisée, les frères d'autrefois devinrent cousins, chaque peuple développant des caractéristiques propres. La peu des habitants des sous sols s'assombrie pour se fondre dans le noir et leurs yeux se modifièrent pour percer l'obscurité, cependant la lumière les blesse et l'altitude est insuportable pour leur corps. Désormais les peuples étaient si différents que les mélanger deviendrait impossible car aucun enfant normal ne pourrait être issu d'un couple mixte.

Et pourtant.

Non loin de Brakmar, quelques dizaines de mettre en profondeurs, bien au dela des égouts de la ville vivent une tribu aggressive et intrépide de troglodytes : le clan Karkozan. Cette peuplade nomade vit de chasse et de culture de champignons, voyageant sous terre au grés du courant des rivières souterraines et de la nourriture qui se développe irrégulièrement en sous sol. Parfois, lorsque les temps sont durs et que leurs pérégrinations les amènent dans une zone proche de la capitale démoniaque les Karkozans se livre au pillage de la cité. voleurs insaisissables et combattants redoutables, les Karkozans montrent une aisance étonnante à se déplacer dans l'obscurité et lors de leurs raids, toujours nocturnes, les pillards reviennent très souvent victorieux et fort de butins conséquents. Ce que ces créatures recherchent avant tout, ce sont les armes, la nourriture, et pourquoi pas si l'occasion se présente de belles demoiselles qui seront retenues captives en souterrains. Ce triste sort fut la destinée de la mère de Lazulice, qui donna naissance sous terre à une fille parfaitement normale, au grand étonnement des Karkozans qui décidèrent d'élever l'enfant à l'egal des leurs.

Déjà, secrètement, les karkozans voyaient en Lazulice un moyen d'accomplir une destinée unique, une prophétie qui pourra changer la face du monde.
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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Ven 23 Jan - 0:40



A l'age de sept ans Les petits garçons karkozans sont séparés du milieu familial pour suivre une formation militaire à l'issue de laquelle l'élève devient guerrier, éclaireur, stratège ou bien visionnaire. Les visionnaires Karkozans sont comme des chamans au sein du clan, ils sont dotés de pouvoirs surnaturels car ils savent déchiffrer les signes et prédire l'avenir.

Les filles quant à elles ont le choix au même age soit de suivre la même formation que les garçons, avec la même rigueur, ou bien de se consacrer à la médecine, la cuisine et les enfants.

La petite fille que l'on surnomait maintenant Zulie n'avait pas envie de devenir une femme qui reste au camp pendant que les combattants partaient à la chasse. Elle était marquée par la vie triste de sa mère qui mourut une année plus tôt la chair rongée par l'humidité des sous-sols et l'âme par la mélancolie. Dans son esprit de gamine, elle s'imaginait qu'un jour elle se ferait enlever par un sauvage de la surface pour être son esclave et que donc elle devrait savoir se défendre au plus vite, pour éviter cette fin horrible.

Elle choisit donc la voie martiale, à la surprise de ses cammarades qui la voyait de plus en plus comme un élément étranger. Certains d'entre eux, pour se moquer de sa peau claire la surnommèrent loupiotte, mais peu d'entre eux se risquaient à brusquer la jeune fille tant ses réactions étaient vives et imprévisibles.

Zulie apprit à se battre, lame au poing ou avec ses mains seules, mais aussi à se repérer dans l'obscurité et à évoluer dans les réseaux souterrains. Une maîtrise parfaite de son corps et un sens de l'observation très élevés sont essentiels pour survivre dans les cavités terrestres ; elle affina ses sens et travailla son agilité autant qu'elle put.

Beaucoup de jeunes apprentis ne supportent pas cet entraînement trop rude pour leur frêles physiques, certains se blessent, parfois grièvement et il n'est pas rare qu'un élève disparaisse perdu dans les ombres rocheuses ou meurt d'une chute dans un puits ou une faille.

Lazulice se révéla très agile et forte à l'aise en orientation, mais elle était en revanche moins douée pour le combat, sa force n'égalait pas celle de la plupart de ses camarades. La jeune fille se concentra donc sur ses points forts : la rapidité et l'observation.

Elle grandit et devint une adolescente discrète et une élève assidue. Physiquement elle changea en une belle femme en devenir, un délicieux mélange de ce qu'il y avait de mieux sous la surface de la terre, et la nature lui avait pourvu des traits harmonieux de sa mère. Elle était une belle métisse aux yeux des garçons mais devait endurer le mépris et la jalousie de ses consoeures. Elle évitait la compagnie de ses camardes, également de ses aînés qui se montraient étonnament protecteurs avec elle ; Lazulice sentait qu'elle était en permanence surveillée à distance, et tous ses questionnements restèrent à ce sujet sans réponses. Elle préférait donc dépenser tout son temps à l'entraînement et l'exploration. Avec son maître d'arme elle fabriqua ses premières griffes d'escalade : des gants de cuir disposant de lamelles de métal de cinq centimètres sur le dos de la main (à la Wolverine) et griffes courtes dans le même matériaux sur chaque phalange.

Parfois lors de leurs voyages, les membres du clan rencontraient d'autres groupes nomades ou des éclaireurs avec qui ils échangeaient des ressources. Ce genre de rencontres étaient aussi l'occasion de s'informer sur les derniers évènements, cela permettait de savoir qui était en guerre contre qui et d'éviter les zones de conflits, ou au contraire de prêter main forte à un allié ou un clan susceptible de payer les services d'une tribu guerrière. Mais ces derniers temps les discussions ne portaient pas sur les relations entre les clans, mais sur d'inquiétants phénomènes se produisant en profondeur.

il se disait que les peuples des grandes profondeurs étaient en train de migrer vers les strates supérieures de la terre, apportant avec eux des récits de mort et de folie. En proie à de terribles cauchemards dans lesquels des êtres colossaux les subjuguaient de s'entre tuer, certains ne trouvaient plus le sommeil, d'autres auraient perdu la raison, devenant aggressifs parfois au point de massacrer leurs semblables, d'autres encore qui ne pouvant plus supporter les atroces visions se seraient arraché les yeux ou donné la mort. Partout des sectes morbides se levaient, prêchant le retour d'un ancien dieu, dont le culte s'était perdu il y a des millénaires.

Zulie avait entendu parler du Grand Ancien, le dieu maléfique et mangeur d'hommes, mais même sous terre les gens avaient cessé de lui addresser leurs prières, pour se tourner vers d'autres divinités qui répondaient à leurs volonté. Sram et Sacrieur ont un certain succès chez les êtres proches de la surface, il en existe quelques autres mais aucun d'entre eux n'exige des sacrifices et le massacre de ses frères.

Cette situation n'était pas récente, même avant la naissance de Lazulice les sages des tribus avaient détecté et interprété de façon alarmante les signaux qu'ils percevaient, cependant les faits rapportés avaient prix une telle ampleur et une telle fréquence que l'inquiétude devenait palpable.



Peu de temps après que Zulie ai atteint seize ans, son maître d'arme en qui elle voyait la figure du père et dont elle était secrètement amoureuse la convoqua pour prendre part au conseil du clan karkozan ou se réunissaient les meilleurs stratèges et visionnaires dans le but de prendre les grandes décisions. Argor lui interdit de prononcer la moindre parole jusqu'au lieu du rendez-vous, troublée mais confiante, la jeune femme suivit son maître et garda ses questions pour elle. La réunion se déroulait dans une grande tente faite de chitine de scarabée géant, près du courant d'une rivière dont les remous pouvait empêcher un éventuel espion d'écouter à distance de l'extérieur ce qui se tramait sous la tenture.

Le maître précéda sa disciple qui pénétra anxieuse dans le refuge du conseil. L'unique pièce était saturée de fumée et recouverte de peaux de kanigrous des cavernes, chaque visionnaire veillait sur un petit foyer qui dégageait des vapeurs divinatoires, chaque stratège gardait à ses côtés leurs armes emblèmatiques. Les regards étaient pesants, les visages fermés. Les discussions étaient déjà entamées lorsque Zulie et son professeur arrivèrent, et lorsqu'ils virent la jeune femme, Lazulice sentait que leurs yeux s'attardaient un peu trop sur elle, et entendit des mots comme "la voila".

Les voix se calmèrent peu à peu, comme si personne n'osait faire part de ce qui se disait aux derniers venus. Le maître salua ses confrères et s'assied, en invitant sa disciple à en faire autant.

Zorran, le plus ancien et le plus respecté des Karkozans, visionnaire aveugle aux longs cheveux blancs pris alors la parole :

"Argor sois le bienvenu parmis nous, et toi Lazulice tu vas avoir l'honneur de prendre part exceptionnellement à notre Conseil, et en tant que centre de discussion. N'ai pas peur jeune fille, ici tu pourras poser toute les questions qui se posent à toi, et nous y répondrons, à toutes."

Lazulice : "Je... Je suis très honnorée de faire parti de ce Conseil, mais je ne comprend pas pourquoi je suis là... Ni même pourquoi j'ai toujours eu la sensation d'être surveillée..."

Zorran : "Tu es différente, tu es une enfant mélangée, nous avons toujours veillé sur toi car tu es précieuse, mais tu es ici parce que tu vas savoir pourquoi nous avons besoin de toi."

Lazulice sentait que tous les regards se portaient sur elle, et se sentait terriblement angoissée, elle faisait du mieux qu'elle pouvait pour dissimuler sa crainte et faire bonne figure, mais elle n'arrivait plus à prononcer de paroles.

Argor : "C'est une excellente élève, elle est rapide et ingénieuse, mais c'est encore trop tôt, elle est peu être une femme mûre maintenant, mais son corps est trop tendre et n'a pas la force de surmonter les épreuves qui l'attendent."

Zorran : "Du temps nous n'en avons plus, la terre se meurt, et nous, visionnaires, sentons que les énergies faiblissent et bientôt la barrière s'effacera. Rien alors ne pourra empêcher sa venu."

Argor : "Mais si elle meurt nous serons condamnés car personne ne peux aller les chercher à notre place !"

Zorran : "Le temps de la réflexion est terminée, le point de non retour atteint. Si nous n'agissons pas maintenant il sera trop tard... Il est peu être déjà trop tard. Son destin est scellé, et de sa réussite dépend le sort de tous."

Plusieurs visionnaires approuvèrent gravement, les stratèges exprimèrent leur brûlantes envie que la discussion se solde rapidement par des décisions actives.

Lazulice en eu alors assez qu'on parle d'elle comme si elle ne faisait pas partie de la discussion

Lazulice : "ça suffit ! Dites moi ce que vous attendez de moi... Je comprend rien à ce que vous me dites, et je vois pas du tout en quoi je vous serais utile... Tout ce que je veux c'est continuer à m'entraîner comme toujours... Qu'est-ce que vous voulez de moi ?"

Zorran : "Les peuples qui vivent sous terre ont grand besoin de quelque chose qui se trouve en surface, et tu es la seule sous terre à pouvoir accomplir cette tâche... La seule."


Dernière édition par Sellyon le Sam 31 Jan - 13:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Mar 27 Jan - 1:47



Six frères rêvaient en silence. Ils rêvaient de conquêtes, de puissance et de grandes aventures partagées. L'un d'entre eux était malgrés tout différent de ses pairs. Solitaire et bien plus fort que les autres, il décida de conquérir le monde à lui seul...

"Il y a bien longtemps, un démon régnait en maître absolu sur le monde des douzes. Les dieux impuissants ne pouvaient s'opposer à la force de celui qui écrasa l'esprit des hommes. On érigea un culte à cette monstruosité qui répandit le mensonge et se fit passer pour le Premier Dieu, la source originelle de toute chose. Il mangeait la chair de ses fidèles mais lorsqu'il sentit que la nourriture viendrait à manquer, il relacha peu à peu son emprise sur le monde et entra en hibernation.

L'essence première de cette entité qui avait été diffusée pendant des ères sur la terre s'échappa des êtres et des pierres pour s'agglomérer et ne former à nouveau qu'une seule chose : la Forme Originelle du Grand Ancien. Certains hommes se réjouirent de recouvrir toute leur conscience et renièrent le vieux culte, mais d'autres, désemparés continuèrent à adorer le faux dieu sous son ancienne forme."

Zorran fit une pause dans son récit en se grattant un champignon qui poussait gentiment sous son aisselle gauche.

"Lorsque les derniers fidèles de l'antique culte se réfugièrent dans les profondeurs après avoir perdu la guerre ils emportèrent avec eux un hideux fardeau : le Grand Ancien lui-même. Au plus profond de la terre, au coeur des terres enflammées, les fanatiques y déposèrent leur sombre trésor. Ils érigèrent à cet endroit un lieu de prières honni de tous : la Cité Sans Nom, une ville titanesque construite de pierres noires et cyclopéennes, composée de tours démentielles de plusieurs centaines de mètres de haut. Ne respectant aucune lois naturelles, l'architecture délirante semble changer constament de forme.

Lorsque les habitants des souterrains décidèrent eux aussi de renoncer à l'ancien culte, ils firent le choix d'effacer des mémoires l'existence de la Cité Sans Nom, afin que personne ne puisse à nouveau s'y rendre, et que tous oublient la présence du Grand Ancien qui gît au plus profond de la terre.

Nous, les grands visionnaires sommes gardiens de ce savoir maudit et par devoir veillont à ce que personne ne s'approche des étendues maléfiques de l'ancienne cité millénaire."


Lazulice qui n'avait jusqu'à présent jamais entendu cette version de l'histoire était stupéfaite et angoissée. Elle imagina ce que le monde serait si le Grand Ancien venait à se réveiller et corrompre à nouveau l'esprit des hommes ; elle ne put réprimer un frisson glacial qui lui parcourut le long de la colonne vertebrale.


Zulie : "Que pouvons-nous faire si le Grand Ancien se réveille ?"

Zorran : "Se soumettre à sa volonté, comme des millions de personnes l'ont déjà fait, mourir pour écourter nos souffrances à venir ou nous pourrions aller demander de l'aide aux habitants de la surface, mais même s'il venait à nous écouter aucun d'entre nous ne supporterait le voyage tant la lumière et l'air hors des cavernes nous affaiblit..."

Zulie : "Je pourrais le faire moi, je suis à moitié de la surface, mon corps doit pouvoir endurer le voyage. Ils détiennent peut être une solution pour nous sauver."

Argor prit la parole, le ton plein de mépris à l'évocation des êtres de la surface : "Rien n'est moins sûr malheuresement, les hommes de la surface sont dispersés, égoïstes et parlent le langage du mensonge, alors que nous nous parlons avec la force. Les dirigeants qui marchent sur le monde-sans-plafond manipulent leurs pairs et ne sont bien souvent pas aussi puissants que les gens qu'ils gouvernent. Et même si nous nous comprenions, ils se refuseraient coûtent que coûtent à te donner ce dont nous avons besoin."

Zulie : "De quoi s'agit-il ?"

Zorran : "Il existe sous terre cinq cités mères dotées de grands pouvoirs magiques entretenus par la volontés des sages-mages. Face à la menace de l'antique dieu, les cinq cités se sont liguées pour créer une barrière magique infranchissable dans le but sceller les accès des strates inférieures, afin de stopper la progression de l'influence maléfique. Hélas la puissance des sages s'épuise et la barrière s'aminci au fil du temps, laissant filtrer peu à peu le mal.

Nous connaissons l'existence en surface de puissants artefacts capables de rivaliser avec le pouvoir du dieu maudit. Nous avons besoin de ces objets, et de les ramener aux cités mères pour renforcer leur force et repousser l'essence maléfique."

Lazulice : "Je comprend que ma quête consiste donc à rechercher et à vous ramener ces artefacts qui sauveront les hommes... La surface, est-ce grand ?"

Argor : "Selon nos connaissances, la surface et composée d'une seule strate relativement plate, recouverte sur sa plus grande partie d'eau salée. Elle représente comparativement un dizième, peut-être moins, de la surface habitable en souterrain, mais ça reste un territoire assez vaste pour cacher de nombreuses choses. Les habitants quant à eux doivent approcher en nombre une dizaine de millions d'individus, alors que sous terre nous sommes des milliards."

Zulie : "Comment est-ce que je trouverais les objets de ma quête ? A quoi ressemble-t-ils ?"

Zorran : "On ne sait pas exactement. Ce savoir s'est perdu il y a des millénaires et bien peu se souvienne de quoi il s'agit. Il y a bien un homme qui serait susceptible de te renseigner. Cet homme vit sous terre au-delà du territoire des nomades, bien après la Galerie des Merveilles et par delà le Désert Gris. Cet individu vit dans un lieu craint de tous : le Palais de Flammes. Ce sera la première étape de ta quête et la dernière avant que tu ne quittes les souterrains."

Zulie écarquilla les yeux : "Le Désert Gris ? La Galerie des Merveilles ? Ce sont des lieux que nous évitons à tous prix... Des milliers de nomades ont disparu dans les immensités sèches du désert impitoyable, et tous ceux qui traversent la Galerie sacrée sont exécutés sommairement par les Palentis. Comment vais-je me rendre jusqu'au Palais de feu alors que je risque de mourir bien avant de le voir ?"

Argor : "Ce Conseil n'a pas seulement pour but de te révéler les espoirs que nous avons mis en toi, Lazulice, mais aussi de constituer un corps d'expédition pour t'accompagner lors de ta quête."

Zorran : "Pour des raisons de confiance et de sûreté, seuls les individus présents sous cette tente seront susceptibles de t'accompagner, et je sais déjà qu'Argor sera de la compagnie."

Argor acquiesça avec fierté.

Lazulice se sentait apeurée, mais excitée à la fois, elle allait vivre de grandes aventures loin de ses camarades indésirables, avec des personnes importantes. Elle se croyait en plein rêve, son destin était donc de sauver les habitants des souterrains.
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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Mer 28 Jan - 14:10

Je veux la suite What a Face

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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Ven 30 Jan - 2:10


Zorran se glissa l'index dans l'oreille gauche pour en extraire un germe, qu'il observa d'un touché évaluateur et le gouta avant de le jeter, l'air visiblement déçu.

"Je ne m'attendais pas à ça, fit-il remarquer en haussant les sourcils, pas un seul d'entre vous ne se porte volontaire pour cette tâche ?"

Silence dans l'assemblée. Les regards se croisèrent, et finalement le stratège Falken pris la parole :

"Je vais dire tout haut ce que mes pairs pensent tout bas : il est hors de question de se rabaisser à une besogne aussi humiliante que d'escorter une femme, une sang-mêlée en plus !"

Plusieurs personnes approuvèrent, ce qui choqua Lazulice, ayant toujours considéré avec respect ses aînés et cru ce sentiment partagé.

Désillusion.

Visionnaire Dereg : "Je déchiffre les signes depuis mon enfance, et je me trompe rarement. Dans la destinée de cette enfant je ne vois rien d'autre qu'une vie écourtée, brève. C'est la mort qui attend cette fille, pas la victoire. En conséquence je ne veux pas prendre part à ce projet fou."

Lazulice croyait aux pouvoirs des visionnaires pour avoir observé la pertinence pratique de leurs révélations dans les situations critiques. Ce qu'elle venait d'entendre lui fit une boule dans le ventre, et une angoisse profonde s'installa en elle.

Peur.

Argor et Zorran tentèrent de convaincre les participants de la nécessité de la quête, mais ils se heurtèrent à l'obstination de leurs collègues.

Zorran : "Bien, puisque personne d'autre ne se propose j'assisterais personnellement notre protégée dans son périple, puisse Sadida guider nos pas."

Cette révélation fit effet dans l'assemblée, abasourdie qu’un vieillard non seulement aveugle et qui ne s’était pas exposé au danger depuis des années puisse prendre part à une pareille aventure. Zorran disposait d’une renommée légendaire dans le clan, il avait mené ses hommes à la victoire dans les plus grandes batailles, soldées systématiquement par la victoire. La mobilisation du sage pouvait bien faire changer d’avis les généraux réunis.

Falken : « Cette décision est mauvaise, elle est insensée ! Pourquoi devrions-nous nous priver de notre meilleur visionnaire et d’un excellent stratège, sacrifiés pour une cause perdue d’avance ? Cette réunion est une mascarade organisée par des esprits malades qui tentent d’exorciser leurs terreurs en se réfugiant dans de faux espoirs ! Combien de personnes voulez-vous entraîner vers la défaite avec vous ? C’est le clan entier que vous mettez en péril. Je m’oppose à ce projet, je dissuade les autres membres de se laisser convaincre ! »

Dereg : « Falken a raison, nous nous laissons entraîner dans la mauvaise direction. Nous payons aujourd’hui les erreurs du passé, mais c’est notre devoir de corriger l’Histoire : nos ancêtres ont préservé la source du mal et c’est à nous que reviens la lourde tâche de détruire la Forme Originelle. Au lieu de fuir l’ennemi en grimpant vers la surface, marchons vers la source du problème, au cœur de la Cité Sans Nom ! »

Zorran : « Des milliers d’âmes se sont déjà éteintes alors que le démon ne s’est même pas encore éveillé, son pouvoir est sans égal, le clan Karkozan n’est pas de taille face à cet adversaire. Cette idée est folle. »

Falken : « Tout aussi folle que la tienne vieillard ! J’ai plus foi en la force du clan qu’en celle d’une bâtarde frêle et sans expérience de la guerre. Peut être que des milliers de personnes sont déjà mortes face aux pouvoirs du Grand Ancien mais nous sommes plusieurs millions de guerriers sous terre prêts à risquer nos vies pour notre survie. Il y a des centaines de royaumes éparpillées dans les différentes strates du monde mais il ne suffit que d’un appel aux armes et nous formerons la plus formidable coalition jamais créée. Les clans Zarek, Trohmido, Gargo, les chevaucheurs de scarafeuilles noirs, les habitants du magma et même les Palentis marchent déjà à la rencontre de l’ennemi. Nous n’avons qu’à leur emboîter le pas, et par la force de l’union nous vaincrons une bonne fois pour toutes le démon et ses engeances ! »

Les généraux saluèrent l’intervention de Falken et Dereg. La situation venait de changer complètement : les membres qui ne souhaitaient pas auparavant rejoindre l’expédition d’Argor et de Zorran s’y opposaient maintenant complètement, au point de vouloir les dissuader de partir.

Dereg : « Argor ne sois pas stupide, abandonne cette inutile prétention et rejoins notre mouvement ! »

Argor : « Depuis le début de cette rencontre vous aviez déjà tous décidé de partir en guerre contre la source du mal, il n’a jamais été question de discuter de l’escorte de Lazulice. Vos mots ne servent qu’à dissimuler vos véritables intentions, cette attitude est indigne du clan Karkozan, vous vous comportez comme les êtres rampant de la surface ! »

Falken : « Tu as raison, il n’a jamais été question de te suivre avec ta gamine, mais puisque tu refuses d’écouter j’emploierais la force. Notre duel départagera celui qui détient l’appui de l’esprit du clan. Si je perd, je renonce à partir en guerre contre le Grand Ancien, mais si je gagne, alors l’expédition pour la surface sera annulé. »

Un sourire se dessina sur le visage d’Argor : « La terre a entendu tes mots, le défi est relevé. »

Zorran : « Mes visions sont en contradiction avec les tiennes Dereg, l’esprit du clan doit désigner le porteur de Vérité. »

Dereg : « Vous… Vous ne voulez quand même pas me provoquer en duel ? Ce n’est pas sérieux…. »

Zorran : « Si, Précisément »

Dereg n’en croyait pas ses oreilles. Le vénérable Zorran qui ne s’était pas battu depuis si longtemps que lui-même n’était pas né quand le sage maniait pour la dernière fois le baton le provoquait, lui, en duel, et lui offrait par la même occasion la chance de surpasser ce maître et gagner de l’influence dans le clan. De l’influence, Dereg en aurait besoin pour galvaniser les troupes et les pousser à se battre, cette proposition était trop idéale pour être manquée.

Dereg : « La terre a entendu tes mots vieux maître, le défi est relevé. »


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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Lun 2 Fév - 2:31

Chapitre 5 : Les pouvoirs de Zorran

Le peuple karkozan tout entier était présent pour l'évènement. Les règlements de comptes pourtant nombreux dans le clan, la réputation des combattants laissait présager que les affrontements seraient spéctaculaires ce qui expliquait ce déplacement massif.

Zorran et Argor n'étaient pas satisfaits que les duels se fassent publiquement et pire encore que les raisons de ces combats se fassent connaître, mais la majorité du Conseil en avait décidé ainsi. La populace venait supporter Dereg et Falken, porteurs d'idéaux bien plus appréciables à leurs yeux que ceux de leurs adversaires.

L'affrontement se déroulait dans une grande salle au plafond haut au sein d'un réseau actif, c'est à dire qu'en cas de précipitation diluvienne en surface les galeries souterraines sont parcourues d'un courant qui dépose une épaisseur de glaise sur le sol. Les spectateurs s'étaient disposés en cercle, suffisament grand pour accueuillir au centre deux combattants.

Le premier duel opposait Dereg à Zorran. Il s'agissait d'un affrontement de visionnaires, ce qui était extrêmement rare puisque la plupart du temps ces êtres utilisaient leurs pouvoirs pour deviner qui sortirait vainqueur du combat. Dereg semblait très confiant, il arborait pour l'occasion le très traditionnel batôn champmanique, un artefact prestigieux remis aux meilleurs visionnaires lorsqu'ils accèdaient au stade ultime de leur fonction. Zorran quant à lui portait la racine cithi en guise d'armement, une arme plus ancienne et moins connue.

Les règles du combat étaient simples : l'affrontement prendrait fin lorsque l'un des protagonistes avouerait sa défaite ou perde connaissance, tuer son adversaire n'était pas autorisé.

Le signal de début de combat allait être donné et plus personne ne parlait dans l'assemblée, la tension était palpable.

Dereg : "J'imagine que tu as voulu par tous les moyens dissuader le Conseil de laisser place à des affrontements. Tu as parié qu'en t'engageant dans un duel les membres allaient s'y opposer pour sauvegarder leur plus ancien et plus émérite visionnaire. Cependant cette tentative n'a pas pu sauver Argor, et ne sauvera pas la bâtarde non plus. Ton sacrifice à été vain vieux maître, tu as commis une grossière erreur."

Zorran : "Je ne fais aucune erreur, c'est toi qui te trompe. C'est inutile d'essayer de me faire peur avec tes tristes interprétations jeune sot, je suis là pour te donner une belle correction."

Quelques rirent parcoururent l'assemblée, surprise qu'un vieil homme aveugle puisse tenir tête à un adversaire mieux portant. Dereg digera mal la remarque cinglante de son aîné ainsi que la réaction du public.

Dereg : "Je vais te faire taire vieux bouc ! J'en ai la force !"

Zorran : "Je suis curieux de... Voir ça ! he he he !"

A nouveau des rires dans l'assemblée. On aurait dit que la tension s'était concentrée sur un Dereg qui grinçait des dents en serrant très fort son arme ; les spectateurs paraissaient plus détendus, comme s'ils assistaient à un spectacle comique.

Le signal retentit et cette fois le silence qui suivit fut si intense que chacun coupa sa respiration.

Les chamans exécutèrent immédiatement une série de signes cabalistiques à l'aide de leurs batôns. Un nuage de spores enveloppa chacun des combattant.

Lazulice, à Argor : "Mais que font-ils ?"

Argor : "La plupart du temps les visionnaires conservent secrètement leurs techniques de combat, et c'est bien normal qu'à ton age tu n'en ai jamais encore observé. Les chamans prient le dieu Sadida, le dieu de la fertilité et de l'abondance. Les jeunes disciples Sadida doivent dès le commencement de leur formation étudier la nature et se fondre dans la végétation. Il existe sous terre une variété infinie de végétaux et nous avons réussit à entrer en symbiose avec certains d'entre eux. C'est le cas des champignons ; les visionnaires passent le plus clair de leur temps à cultiver les germes fongiques qui sont susceptibles de leurs apporter des propriétés utiles, comme la guérison ou l'empoisonnement."

Lazulice : "Je n'ai jamais vu d'endroit ou les chamans cultivent leurs champignons, et comment font-ils pour protéger leur culture ? et comment font-ils lorsque le clan doit se déplacer à un autre cours d'eau ?"

Argor : "Les visionnaires ont résolu tous ces problèmes, en faisant de leur propre corps un jardin et un laboratoire. Dès leur initiation, les enfants apprennent à reconnaître les champignons, en particulier ceux qu'ils peuvent transplanter sur leur corps. Beaucoup d'apprentis ne dépassent pas ce stade de la formation car ils rejètent les corps étrangers. Ceux qui parviennent à entrer en symbiose et à surmonter la douleur de la cohabitation deviennent chamans. Ceux qui parviennent à maîtriser les pouvoirs divinatoires et exploiter les qualités fongiques deviennent des visionnaires."

Lazulice : "Il cachent les champignons sous des vêtements amples !"

Argor : "Oui, et chaque partie de leur corps abrite une variété différente de champignons. En tout un visionnaire peut avoir sur lui plus d'une centaine d'espèces fongiques."

Lazulice : "Comment font les champignons pour survivre sur un corps humain ?"

Argor : "Ce que tu appelles champignon est en fait un végétal composé de 2 parties : le mycélium, c'est ce réseau fibreux qui s'étend sous terre tel un enchevêtrement de racines. La partie émergée c'est le champignon, qui l'organe sexuel du végétal, il diffuse les spores qui donneront naissance à d'autres végétaux. Chez les visionnaires, le mycélium des espèces fongiques s'étend sous la peau et pénètre dans les vaisseaux sanguins où il puise sa nourriture. C'est comme ça que survivent les champignons des Sadida des cavernes."

Dereg dessina un étrange signe dans les airs. Un projectile sortit de sa paume en s'élançant vers Zorran ; à mi chemin l'objet, pas plus gros qu'une noix s'enflamma, et lorsqu'il arriva à proximité de sa cible, il se produisit une violente explosion, dont le centre était le vieux maître. Une fumée épaisse envahit la pièce.

Dereg : "J'ai développé des pratiques pyrotechniques et je suis le seul chaman à maîtriser la projection des flammes ! Le nuage de spores empoisonnés que nous, visionnaires, déployons autour de nous pour nous protéger constitue un nuage dense de particules inflammables. Cette attaque bien que faible n'a pas du te laisser indemne, et m'a permis de t'ôter ton bouclier végétal."

La fumée se dissipa, laissant transparaître peu à peu une silhouette affaissée, genou et main gauche contre terre, main droite résolument fermée sur son batôn. Zorran, face tournée vers le sol ne bougeait pas, il semblait concentré.

Dereg : "Il est temps de mettre un terme à ce combat de manière brève, je vais te mettre à terre à coups de batôn, vieillard."

Zorran : "Ce ne sera pas si facile si tu ne peux pas bouger."

Dereg : "Hein ? Qu'est-ce que tu racontes ? Je..."

Dereg vit alors jaillir de sous terre d'étranges racines dont la vitesse de croissance était proprement hallucinante. En un instant les pieds du jeune combattant furent empêtrés dans une masse végétale dense.

Dereg : "Quel est cette chose qui sort de la terre ?"

Zorran : "Une espèce très rare de champignon symbiote, appelé champignon monarque. Je l'ai installé en moi il y a très longtemps, après l'avoir récupéré sur le cadavre du visionnaire le plus puissant qu'ai jamais connu le monde. Ce champignon est composé d'un mycélium qui a la particularité de détruire et de remplacer les nerfs chez son hôte. Tout ce que je ressens, c'est à travers ce végétal. Combiné à une autre espèce fongique aux propriétés exceptionnelles de croissances accélérées, je suis en mesure de prolonger le mycélium monarque hors de mon corps et le faire croître à une vitesse extraordinaire.

Pendant que j'étais à terre, j'ai utilisé ce pouvoir pour diffuser un réseau fongique dans toute la pièce. Je ressens, je vois tout au travers de la terre. A présent tu ne peux plus m'échapper."

Dereg, en essayant sans succès de se défaire du végétal envahissant, le poids du mycélium et les mouvement de ce dernier l'entraînerent à terre : "Et merde !"

Zorran abbattit alors la paume droite sur le sol : "COLERE DE LA TERRE !"

Il y eu comme un tremblement de terre. Quelque chose s'échappa de la paume du vieux visionnaire et se propagea sous terre à toute vitesse, telle une taupe gigantesque, en direction de Dereg. A quelques mètres de celui-ci jaillit alors un réseau de mycéliums tourbillant et s'èlevant à bonne hauteur vers le plafond. Les mycéliums se tressèrent pour former une corde végétale extrêment dense et lourde qui s'abbattit tel un coup de fouet titanesque sur le corps de Dereg qui fut assomé sur le coups. Tout cela c'était passé en quelques secondes à peine.

Zorran avait gagné son combat.
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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Ven 6 Fév - 1:09

Avis aux quelques lecteurs qui me suivent fidèlement : le chapitre suivant sera particulièrement trash et sanglant. Je vous préviens donc qu'il est inutile aux âmes sensibles d'aller plus loin dans le récit ^^
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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Ven 6 Fév - 1:27

Ok, mais je veux la suite -,,-

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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Ven 6 Fév - 6:52

Moi aussi j'veux la suite nom d'une larve... j'adore ça ! -,,-
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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Dim 8 Fév - 1:07

Bon le chapitre choquant je le reporte étant donné que j'ai trop écrit sur les évènements précédents. mais dans la foulée je fais aussi le chap'7.
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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Dim 8 Fév - 1:07

Chapitre 6 : Séparation

Zorran se retira du cercle d’un pas assuré et calme, pendant que le corps de son adversaire était extrait par deux de ses confrères.

Dereg étant vaincu, la foule hésitait entre applaudir le gagnant pour sa prouesse combattive ou le huer d’avoir mis à mal l’esprit guerrier qu’incarnait Dereg.

Falken entra dans la zone de duel, son regard d’acier et son sourire malicieux glaçait le cœur et le sang de Lazulice. Il semblait avoir gardé toute sa confiance, malgré l’échec de son partenaire.

« Le vainqueur de ce duel mérite toutes nos félicitations, maître Zorran, vous êtes incontestablement le meilleur. »

Falken marqua une pause, son sourire carnassier s’accentua.

« Cependant, tous les membres du Conseil sont témoins que Zorran a défié Dereg indépendamment des intérêts qui m’oppose à Argor. Ce duel, bien que spectaculaire ne porte aucun enjeu, donc il ne permet pas de conclure que l’expédition vers la surface sera toléré, ni empêcher le clan d’entrer en guerre contre le Grand Ancien. »

Murmures d’approbation dans l’assemblée.

Zorran : « Je me suis battu pour vous prouver que l’esprit du clan est de notre côté et qu’il approuve les valeurs que je partage avec Argor. S’opposer à l’expédition revient à s’opposer à nos Dieux et à nos traditions. Vous ne pouvez pas nous empêcher de partir vers la surface. »

Falken fulminait intérieurement, mais il savait que la situation allait évoluer de la sorte. Désormais rien ne pourrait empêcher la scission du clan, et c’est qu’il redoutait le plus. En stratège émérite, il savait compter sur deux atouts majeurs pour mener à bien une guerre : l’unité et le moral des troupes. Perdre le meilleur visionnaire était une chose, mais que d’autres éléments suivent et que les membres restants se sentent à contrario de la volonté des Dieux étaient le pire.

Falken : « L’esprit du clan est de ton côté Zorran, mais il est aussi du notre. Ce deuxième duel va le prouver, et si j’en sors vainqueur alors nos deux idéaux sont valables, sinon nous te suivront tous. »

Argor se leva et s’avança pour prendre place dans le cercle.

Argor : « Toutes ces paroles uniquement pour te permettre de te remettre en guerre Falken. Tu es un bon orateur, un excellent stratège, mais voyons si l’homme lui-même est suffisamment fort pour porter ces idéaux. »

Falken : « Le temps des discussions est terminé confrère, nous allons voir qui est le meilleur. En garde ! »

Les deux hommes se placèrent chacun à une extrémité du cercle, en posture de combat, dagues aux poings.

Le signal du combat retentit, et aussitôt les deux hommes coururent l’un contre l’autre en hurlant. Un instant avant que les adversaires se rencontrent Argor psalmodia une formule complexe et aussitôt un double de lui-même s’extériorisa de son corps pour fondre avec le même élan que l’original sur Falken pendant qu’il s’élevait dans les airs par un bond puissant pour retomber sur sa cible. La création d’un double est une technique illusoire courante chez les disciples de Sram ; la copie, avec une ressemblance poussée jusqu’aux détails vestimentaires de son original mime des gestes de combats défensifs et bloque les actions de sa victime, cependant il n’a pas l’intelligence nécessaire pour porter des attaques efficaces. Falken loin d’être impressionné par une attaque aussi basique esquiva la rencontre du double par un bond sur le côté et riposta à l’attaque d’Argor par une prise efficace suivit d’une projection à terre avec clef de bras tout en lui faisant lâcher son arme. Falken était de loin le meilleur dans les arts sramiaux et cette démonstration semblait bien le confirmer. Falken exerça une pression intolérable sur le bras de sa victime qui hurla.

Falken : « Abandonne ! Je n’hésiterais pas à te casser le bras s’il le faut, mais je préfère avoir des hommes valides sous mes ordres alors sois raisonnable ! »

Falken sentit alors la pointe d’une dague appliquée contre sa carrotide.

Argor : « Tu es tombé dans un piège Falken. »

Falken réalisa qu'il tenait à terre le double de d'Argor, mais il ne semblait pas perturbé, au contraire, un rictus mi amical mi menaçant se dessina sur son visage.

Falken : « Je constate que tu maîtrise la technique de dédoublement à la perfection, tu es capable d’ordonner à ta copie d’effectuer des actions complexes et même d’attaquer, bien que sommairement. C’est très impressionnant. »

Argor : « Abandonne ou je te tue. »

Falken : « Tu ne peux pas me tuer sans perdre le combat, et tu ne peux pas me forcer à abandonner par la force car je trouverais l’instant pour te maîtriser. Tu ne peux pas gagner. »

Argor ne bougea pas d’une pouce, mais son ennemi perçu l’espace d’une fraction de seconde au travers d’une infime secousse dans la pointe de la lame qu’il hésitait. Immédiatement Falken relâcha sa prise sur la copie, pivota pour faire face à son adversaire et appliqua la paume de sa main droite vivement sur la poitrine d’Argor tout en hurlant d’une voix grave, rocailleuse, pleine d’échos et surnaturelle. Argor fut projeté plusieurs mètres en arrière et tomba, malmené par le sort de répulsion. Falken se releva et tenta de s’élancer sur son adversaire mais il déclencha un piège déposé au sol. Aussitôt il perçu que ses mouvement ralentissaient et opta pour une retraite provisoire, le temps que les effets magiques se dissipent.

Falken : « Un piège d’immobilisation. Tu es prévoyant Argor, mais ça ne suffira qu’à retarder ta défaite. »

Argor se relevait péniblement. Il s’avança calmement vers un Falken plus que déterminer à lui rendre ses coups.

Argor : « J’ai un petit secret à te révéler Falken. Je n’utilise jamais de double, j’ai trouvé bien plus satisfaisant comme technique. »

Falken : « Tu te moques de moi ? Si ce n’est pas une copie, qu’est-ce que c’est ? »

Argor : « Un clone. Il s’agit d’un être de chair et de sang tout comme moi et qui partage mon intelligence. Tu croyais tenir l’original lorsque tu as immobilisé l’un de tes ennemis à terre. Tu avais raison. »

Falken compris trop tard qu’il faisait face au clone, le véritable Argor était derrière lui, il l’avait relâché.

Falken : « Comment as-tu acquis une technique pareille ? Sram n’a jamais conféré un pouvoir pareil à l’un de ses disciples ! »

Clone : « J’ai longtemps parcouru les immensités de Leng et affronté les monstruosités qu’elle couve. Parmi les créatures qui la peuplent vivent une espèce gélatineuse gigantesque capable de se diviser en plusieurs entités identiques. Après avoir vaincu l’une d’entre elle j’ai mangé son cœur en suivant le rite qu’exécutaient nos lointains ancêtres et absorbé son pouvoir. »

Argor : « Désormais les millions d’organismes qui circulent dans mes veines me permettent de créer des êtres absolument identiques à moi, pendant un certain temps, après quoi l’original et les clones fusionnent. »

Zorran, à Lazulice : « oh oh oooh, la créature dont il parle, il s’agit surement de l’amibe gigan, une espèce que je croyais disparue depuis des siècles. Il y a bien longtemps les disciples sram recherchait cette amibe pour acquérir le pouvoir de se diviser. Mais la créature vint à disparaître et les disciples mirent au point une technique illusoire de substitution, le double… Leng renferme bien des surprises. »

Un corps à corps frénétique s’engagea entre Falken et les deux Argor. Falken parvenait à parer les attaques mais sans moyens de riposter efficacement, la victoire d’Argor ne faisait plus de doute.

Falken parvint à bloquer simultanément les attaques coordonnées de ses ennemis en tenant de chaque main le bras portant la dague de chacun de ses adversaires. Argor et son clone en profitèrent pour rouer de coups Falken de leurs mains valides, qui encaissa sans broncher, et chuchota des paroles inaudibles pour l’assemblée. Aussitôt, Argor cessa ses attaques, lança un regard vers Lazulice, et après un moment d’hésitation, s’écarta de Falken. L’original et le clone vinrent à se rencontrer comme un homme plongeant dans son propre reflet aquatique. Argor s’affaissa à terre, l’air épuisé.

Argor : « J’abandonne »
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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Jeu 19 Fév - 1:53

Chapitre 7 : le départ

Stupeur parmi les membres du clan.

Ils ne comprenaient pas que le combat puisse se terminer au cœur de l’action par un abandon difficilement explicable. Finalement ils conclurent que la technique de clonage utilisée par Argor épuisait ce dernier, il était donc tout simplement arrivé à bout de ses limites, ce qui l’aurait poussé à renoncer faute de pouvoir poursuivre le combat. A l’instar des traditions Karkozans, une décision devait être prise suite à la manifestation du Dieux du clan. La parole revenait aux visionnaires, à la charge de transcrire en parole les signes envoyés par la divinité.

Visionnaire Oregolac-Onig : « Deux combats significatifs pour la destinée du clan viennent de s’achever. L’esprit guerrier s’est manifesté et a choisi de rendre victorieux chaque représentant des deux idéaux qui se sont affrontés. Chacun ici présent doit maintenant faire un choix crucial, en empruntant une des voies qui lui sont offertes : intégrer le cortège de Zorran pour protéger Lazulice lors de sa traversée vers la surface ou suivre Falken et partir en guerre contre le Grand Ancien. L’esprit du clan a ainsi parlé, quiconque s’oppose à ses propos s’oppose à la tribu toute entière. »

Le temps des délibérations commençait, chaque membre du clan devait faire son choix. Argor vint retrouver Zorran et Lazulice qui s’étaient isolés du reste de la foule à l’abri dans une tente.

Argor : « Je suis navré d’avoir dû abandonner le combat, cela a fragilisé notre position. »

Zorran : « Les signes m’indiquent que tu as fait le meilleur choix, tu n’as pas à regretter ton geste. »

Argor : « Mais j’enrage ! J’ai eu une dizaine d’occasions de vaincre Falken, mais je ne connais pas d’autres méthodes efficaces pour finir un combat que de tuer mon ennemi. A la longue pourtant je l’aurais neutralisé. »

Lazulice : « Les gens disent que tu as perdu parce que tu t’es épuisé avec une technique trop puissante, mais c’est pas ça n’est-ce pas ? Falken t’a dit quelque chose qui t’as arrêté je pense. »

Argor hésita, il semblait attendre l’accord tacite de Zorran pour apporter une révélation à Zulie. Le devin hocha de la tête comme pour permettre à Argor de dévoiler ses pensées.

Argor : « Surtout ne répète pas ce que je vais te dire. Oui, Falken m’a dit que si je n’abandonnais pas, il te ferait tuer… et je sais qu’il en a le pouvoir. »

Un frisson parcouru l’échine de Zulie : « Il est vraiment prêt à ça pour partir en guerre ? »

Zorran : « Oui, et il a déjà fait des choses pires pour arriver à ses fins. Même après sa victoire il ne serait pas étonnant qu’il essaie quand même de te faire exécuter, c’est pourquoi tu dois rester à proximité de moi ou Argor, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver. Argor, tu as mobilisé des hommes pour notre cause ? »

Argor : « Je n’ai réussi à convaincre personne, ils suivront tous Falken, sans aucun doute. »

Zorran : « Je sais, et ils vont se mettre en marche dans moins d’une cyclade*. Ils marcheront en premier lieu vers le territoire des chevaucheurs de scarafeuilles noirs, pour faire la jonction avec un détachement en place, et ensuite ils se rendront au royaume des sang-vert pour tenter de convaincre l’empereur Morkan de leur prêter main forte et compte tenu du mépris qu’il voue envers les peaux-noires il ne le fera qu’après avoir perdu une bataille armée. Durant plusieurs saisons** l’armée ainsi créée circulera d’un empire à un autre, enjoignant ou forçant les habitants à intégrer les rangs guerriers, en vivant de dons et des rafles faites sur les villages et les campements indigènes. Les premiers sangs versés dans la guerre contre le Grand Ancien ne couleront pas des veines des agents du mal, mais uniquement de ses adversaires en préparation. »

Lazulice : « Ce sont vos talents de visionnaire qui vous permettent de lire comme ça l’avenir ? »

Zorran : « Oh que non, je le devine simplement par l’expérience que j’ai de ce monde eh eh eh. Par contre, je perçois grâce à mes sens que nous ne seront pas seuls dans notre quête. Il y a ici présent un quatrième individu qui essaie de se cacher, mais je le vois très bien avec mon mycélium monarque. »

Zorran, à voix haute : « Petite, tu peux rentrer sous la tente, tu auras certainement plus chaud à l’intérieur et nous serions ravis de faire connaissance avec toi ! »

Des petits pas gênés se firent alors entendre. Une fille toute menue à la peau blanche comme la calcite entra de manière hésitante dans la tente ; elle avait de petite ailes roses dans le dos et bien qu’elle eu les traits et les formes d’une adolescente d’une quinzaine d’années elle ne mesurait pas plus haut qu’un mètre trente.

Zorran : « Comment t’appelles-tu jeune fille ? »

Fille : « A ma naissance on m’a donné le nom d’Améthyste, mais tout le monde m’appelle Nini, parce que je suis une disciple d’Eniripsa. »

Lazulice connaissait Nini. La petite Eniripsa avait été élevée tout comme Zulie au sein du clan Karkozan, mais pour Améthyste ce fut suite à son enlèvement dans les Landes de Sidimotes alors qu’elle était âgée de cinq ans. Sa mère s’était interposée pour protéger son enfant ; les membres de la tribu parvinrent à se saisir de la fille mais tuèrent sa maman.

Améthyste connu une enfance difficile sous terre. Elle pleura pendant plusieurs cyclades* la mort de sa mère mais petit à petit elle trouva la force de surmonter son chagrin. Dès l’âge de huit ans ses pouvoirs de guérisseuse habile firent d’elle un atout dans le clan. Les disciples d’Eniripsa étaient extrêmement rares sous terre et Nini devint une personne estimée et protégée comme un bien précieux.

Argor : « Que faisais-tu à écouter notre discussion petite ? Tu es normalement accompagnée de tes tuteurs visionnaires, tu as dû t’enfuir pour venir ici. »

Nini : « Je… Heu… Je vous ai vu combattre. Et j’ai appris que vous vouliez partir vers la surface et je me suis dit que… Enfin je voudrais moi aussi allez vers la surface… »

Argor : « Et pourquoi on t’accepterait ? Notre mission est de protéger Lazulice, pas d’accompagner une mioche comme toi pour qu’elle reparte en surface. Tu dois obéissance au clan ! Tes tuteurs ne t’ont pourtant amené à renier tes origines et servir la tribu, Les relaps comme toi doivent être punis ! »

Nini ne parvint pas à répondre à l’accusation d’Argor. Oui elle voulait quitter le clan, oui elle voulait repartir en surface. Elle détestait cette vie de prisonnière et ne rêvait que de sa mère et du soleil qui lui manquaient tant. Elle fondit en larmes. Lazulice fut prise de pitié, elle avait toujours eu de l’affection pour la petite Eniripsa qui semblait être la seule à pouvoir comprendre ce qu’elle ressentait : être différente.

Lazulice : « Nini a aussi un rêve à accomplir, une destinée bien à elle. Je n’ai pas encore accepté de partir pour la surface, pour vous je ne suis qu’un instrument ! Je suis liée à votre avenir autant qu’avec le sien. Je ne partirais pas sans elle ! »

Argor hésita à répondre. Il savait qu’elle ne plaisantait pas en conséquence l’unique bon choix qu’il pouvait faire était d’accepter la volonté de Zulie.

Zorran : « Et c’est bien entendu qu’elle nous suivra dans notre quête, ses dons de guérisseuse nous seront forts utiles. Améthyste, soit le bienvenu parmi nous. »

Argor : « Soit, mais nous devrons précipiter notre départ, car nous subissons dès à présent une double menace de la part des membres du clan. »

Lazulice : « Je ne comprend pas »

Argor : « Falken veut ta mort, mais lorsque les visionnaires sauront que la petite Eniripsa est avec nous ces derniers inventeront un stratagème pour la récupérer. Pour le moment nous sommes sous la bénédiction de l’esprit du clan mais qui sait, d’autres combattants se montreront pour nous défier et entraver nos projets. Le pire que nous puissions imaginer c’est qu’un de tes camarades te provoque en duel Lazulice, ils sont nombreux à te surpasser en puissance et en technique. »

Zorran : « C’est effectivement une situation à craindre, et je crois savoir que notre jeune protégée est encore une amazone***. »

Il existe une catégorie d’hommes dont la manie est de « conquérir » les amazones***, Lazulice en avait souvent combattu, même des plus forts qu’elle. Elle n’a jamais été vaincu, en raison de sa vivacité surnaturelle lui permettant d’esquiver ses adversaires mais surtout parce qu’en combat Zulie ne vise que les points vitaux, ne cherchant pas à gagner autrement qu’en neutralisant l’ennemi au plus vite.

Les traditions Karkozans interdisent aux membres de s’entretuer ou de causer des dommages irréparables à leurs pairs mais Zulie tenait d’Argor lui-même le secret des techniques assassines du dieu Sram et se trouvait alors détentrice d’un savoir redouté et très peu diffusé.

Zorran : « Pour ta sécurité Lazulice, tu vas devoir te tenir à l’écart des mâles du clan. L’intérêt que tu as animé chez certains de part ton importance grandissante et ta virginité préservée vont exciter leurs instincts. »

Lazulice : « Quand partirons-nous ? Plus vite nous serons éloignés de la tribu plus vite nous serons moi et Nini en sécurité. »

Argor : « Si nous nous précipitons, nous commettrons l’erreur de prendre un chemin fatal. Nous devons suivre une voie parsemée de points d’eau en crue et de nourriture suffisante. Nous devons aussi nous assurer d’avoir assez de luminites**** dans nos bagages. Je vais partir en éclaireur recueillir les informations nécessaires pour l’établissement de notre trajet mais ça va prendre deux cycles, voire trois. En attendant Zorran veillera sur toi et Nini. »

Lazulice dû se résigner à attendre le retour de son maître d’arme bien aimé, en compagnie d’un Zorran occupé à entretenir ses champignons et d’une Nini très envahissante : la petite Eniripsa avait bien vite trouvé en Zulie une amie avec qui partager son vécu et ses sentiments. Lazulice s’ennuyait, et elle appréciait avoir des moments de solitude.

Malgrés l’interdiction, Lazulice s’isola pour s’entraîner. Elle dénicha en aval de la rivière qui bordait le campement l’endroit idéal pour pratiquer son exercice favori, en l’occurrence il s’agissait d’une galerie étroite et haute. Zulie enfila ses griffes d’escalade et entama une série de traversées de part et d’autre de la galerie en s’aidant uniquement de ses mains, chacune s’accrochant à une des parois opposées.

Après avoir pratiqué de nombreux allers et retours, ce qui se mesurait en centaines de mètres, Zulie pris le temps de se reposer assise au bord de la rivière en se passant de l’eau sur le visage.

Elle fut soudain alertée par le son des pas qui se rapprochaient dans sa direction. Lazulice se releva, aux aguets, pressentant la venue de plusieurs personnes. Les inconnus ne furent pas longs à se faire connaître, l’obscurité dévoila la venue de quatre jeunes hommes du clan, deux du même âge qu’elle, un plus jeune et un grand balafré. Zulie connaissait certains d’entre eux, en particulier celui qui portait une cicatrice au visage, pour l’excellente raison que c’était une blessure qu’elle avait elle-même infligé à cet homme.

Lazulice : « Pourquoi êtes-vous ici ? Si c’est un duel ou une revanche que tu veux Zohimo tu peux dire à tes larbins de partir, je ne me battrais que contre toi. »

Le grand balafré ricana, les autres affichaient des sourires vicieux, le plus jeune gloussa.

Zohimo : « Ca n’a pas été difficile de te suivre dans le noir, Loupiotte, mais d’attendre cette occasion a été un supplice. Moi et mes gars on a envie de te faire un cadeau avant que tu partes, petite amazone. On ne va pas se battre, à moins que tu veuilles quand même te défendre. »

Lazulice était piégée, seule et sans possibilité d’alerter ses compagnons. Elle devait faire face avec ses propres moyens contre un groupe de personnes. Elle savait qu’elle n’était pas de taille.

* Une cyclade est sous terre un ensemble de douze cycles. Un cycle représentant une phase éveillée et une phase de sommeil chez un individu, ce qui fait l’équivalent d’un jour.

** même sous terre les saisons ont une importance et peuvent être mesurées. Il y a les saisons sèches et les saisons de pluies. Elles influent directement sur les quantités d’eau qui se déversent dans les gouffres.

*** Au sein du clan le terme amazones désignent les femmes guerrières qui parviennent à conserver leur virginité en surpassant les éventuels partenaires en combat. Tout comme les guerres, les femmes se conquièrent chez les Karkozans par la force. Si un homme peut perdre son honneur à cause d’une défaite, une femme, elle, perd son pucelage. Pour les femmes guerrières, vivre le plus longtemps possible amazone est un grand honneur, et mourir avec ce titre est un prestige.

**** La luminite est une pierre courante dans certaines régions sèches des souterrains. Ce minéral à pour vertu de diffuser une lumière douce au contact de l’humidité ce qui en fait une ressource aussi essentielle que l’eau et la nourriture. Il existe un alliage complexe à base de métaux et de luminite appelé irriséite ; ce matériau exceptionnel en raison de la rareté de ses composants a des propriétés magiques : il diffuse en permanence une aura lumineuse puissante. Les lumières changent et dansent dans l’irriséite comme la flamme d’un feu éternel qui imiterait les couleurs de l’arc en ciel.
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frodus
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MessageSujet: Re: L'ère des ténèbres   Jeu 18 Aoû - 1:42

Une suite ? :'(
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